Le Mal algérien
Comme il existe un « Mal » américain, russe, chinois, japonais, français, italien, nigérian, égyptien, marocain ou tunisien, il y a un « Mal algérien », qui est la somme de défauts ataviques, de maux, de travers sociaux, de vices, de lacunes, de carences et de besoins socio-politiques refoulés, accumulés au fil des années par la société algérienne et qui entravent sérieusement son épanouissement moral, politique, économique, culturel, sportif, scientifique et technique.
Sans m’attarder sur les plus « mignons » d’entre eux, qui constituent beaucoup plus des péchés ou des pratiques sociales à la limite de la morale, de la logique et de la légalité, que des tares irrémissibles, je voudrais en présenter les plus significatifs, c'est-à-dire ceux qui sont devenus de véritables fléaux sociaux, qui ont des conséquences directes, graves sur l’état général du pays et de la nation, traumatisée par trois décennies de bureaucratie et de monopoles politique, économique et culturel et une décennie de terrorisme barbare et dont ils menacent la sécurité, l’unité, la stabilité et la cohésion.
Corruption : une dangereuse expansion
Il est de notoriété publique que jusqu’à la fin des années 197O, la grande corruption était limitée à certaines sphères politiques, économiques et sociales influentes, qui mettaient à profit les différents monopoles que leur conférait la loi pour s’enrichir illicitement.
La corruption s’est réellement « démocratisée » avec l’ouverture politique et économique du pays et la paupérisation rampante de larges pans de la société, qui en a résulté, à cause notamment de la conjonction de facteurs négatifs endogènes et exogènes et la réduction drastique du pouvoir d’achat de la classe moyenne littéralement laminée par le processus de soumission de l’économie nationale aux conditions draconiennes du Fonds Monétaire International, dans le cadre des Plans d’Ajustements Structurels successifs imposés au pays pour le rééchelonnement de sa dette extérieure, dont le remboursement accaparait l’essentiel de ses recettes extérieures.
Cette paupérisation continue a poussé tous ceux qui détenaient une parcelle du pouvoir administratif et économique à l’utiliser pour « améliorer » leurs conditions de vie de plus en plus difficiles et insupportables. La crise politique, économique et le terrorisme aidant, chacun s’est mis à « négocier » le moindre service qu’il pouvait rendre et rentabilisait comme il pouvait les fonctions qu’il occupait, dans une atmosphère délétère de fin de règne annoncée et selon un code de déontologie bien compris par les prestataires de ces services et leurs récipiendaires.
Les conditions objectives d’une corruption généralisée ont été ainsi peu à peu créées pour permettre à des aventuriers, sans foi ni lois, comme Abdelmoumène Khalifa, de se jouer de toutes les institutions politiques, administratives et financières du pays, en corrompant les uns, en amadouant les autres et en achetant le silence de certains avec, ironie du sort, des sacs à ordures pleins de billets de mille dinars algériens. Quelle dépravation des mœurs politiques et sociales !
Ce sont précisément des scandales comme ceux de Khalifa, BRC, BCIA, BNA etc… qui s’inscrivent dans la droite ligne des « affaires » comme celle des « 26 milliards », qui portent un préjudice considérable à l’image de l’Etat algérien et à sa crédibilité interne et externe, notamment vis-à-vis des investisseurs nationaux et étrangers désireux de s’implanter dans un pays qui offre des opportunités commerciales exceptionnelles.
Il est vrai qu’un système, qui a commencé son long règne, au lendemain de l’indépendance, par le détournement, en 1962, du « Fonds de Solidarité », essentiellement constitué des bijoux de nos mères et des maigres économies de nos pères, ne pouvait que terminer par des affaires comme celles de Khalifa, qui constitue une autre main basse organisée sur les dépôts de centaines de milliers de petits épargnants et de dizaines d’organismes publics et privés.
Nos partenaires étrangers vont nous juger sur notre manière de « régler » ces affaires.
La place peu reluisante que Transparency International attribue à notre pays dans son classement des pays les plus corrompus du monde doit nous donner à réfléchir pour prendre d’urgence les mesures adéquates afin de freiner la dangereuse expansion que connaît, ce fléau dans notre pays.
Certes, pour prouver notre bonne intention, l’adhésion à la Convention des Nations Unies Contre la Corruption, que l’Algérie a signée avec quelques réserves, est une condition nécessaire mais pas suffisante car le plus important n’est pas sa signature mais les modalités de sa mise en œuvre dans le cadre des mécanismes qu’elle prévoit à cet effet.
Népotisme et régionalisme : les enfants de la médiocrité
Il n’y a pas plus dangereux et plus absurde que cette tristement célèbre sentence sortie de la bouche d’un de nos hommes politiques : « Hmarna khir min aoudhom » « Notre âne vaut mieux que leur cheval ».
Notre pays est immense et a besoin pour sa défense et sa bonne gouvernance durable d’hommes et de femmes aux qualités morales, physiques et intellectuelles élevées.
Ce sont les défis majeurs auxquels il fait face qui l’exigent.
D’ailleurs, le Président Bouteflika et le Chef du gouvernement ne cessent de mettre en garde leurs ministres contre la tentation régionaliste qui réduit la nation à leurs familles et leurs tribus respectives.
Cette vision réductrice est dangereuse pour la cohésion, l’unité et la stabilité du pays et ne profite qu’à nos ennemis que la renaissance de notre pays dérange apparemment.
Contrairement à la « régionalisation », qui est indispensable à la bonne gouvernance politique, économique, sociale et administrative d’un pays comme le nôtre et qui relève de la politique d’aménagement du territoire, qui vise à développer les vocations naturelles de nos différentes régions géographiques, le népotisme et le régionalisme réduisent la composante humaine d’un pouvoir ou d’une responsabilité à une famille, un douar, ou au mieux à une ou deux wilayas.
En tout état de cause, si nous sommes incapables de serrer nos rangs pour mettre de l’ordre dans notre grande maison commune, d’autres, qui convoitent nos territoires et les formidables ressources naturelles qu’ils renferment, se chargeront, sous un prétexte ou un autre, de le faire à notre place et nous imposeront leur ordre cruel, comme ils l’ont fait en Irak, ruiné par l’esprit tribaliste de ses dirigeants successifs.
Le redressement du pays n’est pas la seule affaire du gouvernement ou des partis politiques mais également celle de la société civile algérienne, à travers notamment les différentes associations et organisations non gouvernementales qui la composent.
Les champs politique et médiatique doivent leur être ouverts et accessibles.
Sinon, ce sont leurs consoeurs étrangères, d’obédience diverse, qui ne cachent pas leur hostilité à notre pays et qui se nourrissent de nos contradictions internes et de nos faux problèmes, qui exploiteront nos défaillances pour exercer sur nous toutes sortes de pressions dans le but de nous obliger à accorder des concessions importantes de notre souveraineté et de nos ressources naturelles non renouvelables aux organisations internationales et aux compagnies multinationales majoritairement contrôlées par les pays occidentaux, qui financent également la plupart des ONG internationales.
A l’heure de la mondialisation, ce que les ONG et médias nationaux ne pourront pas dire ou faire, sera dit et fait, de manière amplifiée et avec tous les risques de manipulation possibles, par les ONG et médias internationaux, qui terrorisent les gouvernement qui « de la paille dans leur ventre ».
L’Etat a la responsabilité et le devoir de créer l’environnement juridique, économique et social le mieux même de favoriser l’émergence d’une société civile saine qui assumera pleinement sa part de bonne gouvernance du pays et le déchargera de missions dont il s’encombre parfois inutilement.
Ensemble, ils atténueront les effets néfastes du terrorisme qui a détruit une grande partie des infrastructures économiques, éducatives et sociales du pays et décimé ses ressources humaines, dont la formation a coûté au pays des dizaines de milliards de dollars américains et qui ont massivement fui le pays durant la décennie 1990.
Ceux ou celles à qui incombe aujourd’hui la gestion du pays, dans tous les domaines et à tous les niveaux de responsabilité, ont besoin d’une mise à niveau de leurs connaissances et d’un encadrement adéquat de la part de leurs aînés, de moins en moins nombreux en raison des départs à la retraite et des décès.
Compte tenu des circonstances particulièrement difficiles par lesquelles notre pays est passé, ces deux dernières décennies, il serait judicieux que le Gouvernement algérien prolonge l’âge de départ à la retraite de 60 ans actuellement, à 65 ans ou plus afin de permettre une transition générationnelle douce et faire profiter nos jeunes cadres de l’expérience précieuse de leurs aînés, qui souhaitent encore nous éclairer de leur lanterne magique, qu’aucune coopération technique étrangère ne saurait remplacer.
Les slogans creux de quelques ambitieux, impatients d’accéder à des responsabilités pour lesquelles ils n’étaient visiblement pas prêts moralement et intellectuellement avaient failli, il y a quelques années, ruiner le pays.
Machisme et hogra (injustice sociale) : il n’est jamais trop tard pour bien faire
« Eduquez bien vos filles et laissez les faire » dit un vieil adage algérien.
En effet aucune laisse, aucune ceinture de chasteté et aucun corset ne peuvent empêcher une femme de faire ce qu’elle a envie de faire, quand le Diable habite son esprit ou son corps.
Ce sont souvent les éducations rigoureuses, humainement insupportables, qui ont été à l’origine des scandales qui ont défrayé les chroniques sociales et donné lieu aux monstruosités les plus incroyables.
Des textes comme notre statut de la famille, malgré le léger toilettage qu’il a récemment subi, inhibent considérablement nos filles et nos femmes et privent le pays d’un potentiel formidable que la réussite incontestable de certaines de nos sœurs ne saurait éclipser.
Jadis, parents pauvres des législations internes conservatrices, les femmes sont aujourd’hui, au même titre que les enfants d’ailleurs, bien protégées par des conventions internationales qui énumèrent et garantissent leurs droits fondamentaux et les mettent à l’abri de fléaux comme la drogue et la prostitution, qui minent notre société profondément marquée par les méfaits du terrorisme dont elle garde encore les séquelles physiques et psychologiques.
La « question » de la femme n’est donc pas seulement une affaire de « genre » ou de « discrimination positive » mais une affaire de culture et d’éducation.
Sans aucun doute, l’éducation et la justice, sociale et économique, permettent aux pays qui en ont fait la clé de voûte de leurs institutions et des axes majeurs de leur développement, d’enregistrer des avancées indéniables dans tous les domaines et de bâtir une cohésion sociale et une stabilité politique durables qui réduisent sensiblement leur vulnérabilité face aux aléas de la vie.
Au plus fort de la crise, qui a failli emporter l’Etat algérien, dans les années 199O, ce sont justement ces valeurs ancestrales, bien gardées par nos grand-mères, mères, épouses sœurs et filles, qui ont permis à notre société de transcender la tragédie qui a frappé le pays à cause des négligences coupables des uns, qui ont engendré la folie destructrice et nihiliste des autres, qui a considérablement fait reculer le pays, dans tous les domaines.
Hasard ou nécessité, c’est une femme, dont les qualités morales et professionnelles font l’unanimité, qu’incombe, aujourd’hui, la lourde tache de démêler l’écheveau Khalifa. Elle se dit résolue d’aller jusqu’au bout. Y parviendra-t-elle ? Seul l’avenir nous le dira.
En tous les cas, en acceptant de juger, la plus importante partie de cette affaire scabreuse, elle mérite d’ores et déjà toute notre gratitude et notre soutien moral.
Par ailleurs, une autre femme domine la scène politique nationale depuis des années déjà.
C’est, en l’occurrence Madame Louisa Hanoune, communément appelée « la Pasionaria algérienne », en raison se son opposition farouche au libéralisme économique et social débridé du Gouvernement et de son fameux « no pasaran » aux réformes de Khellil et de Temmar.
Elle fait pratiquement office de Chef du « Gouvernement fantôme », ailleurs constitué par l’opposition officielle et dont notre pays a tant besoin pour briser cet unanimisme de façade qui lui fait beaucoup de mal.
Paradoxalement, la femme algérienne, qui a commencé à jouir de des droits politiques bien avant ses congénères des pays arabes et de certains pays d’Europe, les a vus, à cause d’un environnement de plus en plus machiste, se rétrécir comme peau de chagrin par qu’ils n’ont pas été consolidés par d’autres acquis. Qui n’avance pas recule.
S’ils ont permis de « secouer le palmier », les combats solitaires menés par des organisations ou des personnalités nationales pour accroître ces droits n’ont pas encore donné les résultats escomptés.
A cause du terrorisme, de la pauvreté et de préjugés sociaux absurdes beaucoup de nos filles en âge d’être scolarisées ou de travailler, ne vont pas à l’école ou sont exclues prématurément et trouvent d’énormes difficultés à se procurer un emploi conforme à leur profil alors même que la Constitution leur reconnaît le droit d’étudier gratuitement jusqu’à l’âge de 16 ans et d’avoir un emploi qui leur permet de vivre décemment.
Tant qu’il aura des femmes de la trempe des héroïnes légendaires qui ont marqué d’une manière indélébile son histoire contemporaine et ancienne, notre pays réussira toujours à remonter des abysses dans lesquelles la mentalité cupide et obstinée de ses hommes politiques l’a plongé, à maintes reprises.
A l’instar du corps humain, le corps social subit, en période de faiblesse, les attaques de toutes sortes de virus, qui exploitent cet état fébrile pour se renforcer aux dépens de son équilibre général.
C’est précisément le cas de la société algérienne, qui depuis quelques années, a développé de nombreux fléaux qui portent sérieusement atteinte à sa santé et à la crédibilité du pays.
Ce sont, entre autres, le trafic de la drogue et de stupéfiants divers, l’Algérie devient un pays de destination et même de culture alors, qu’il y a quelques années à peine le territoire algérien ne servait que de transit à ce trafic, dont le volume s’intensifie d’année en année, ; le pillage du patrimoine marin ( corail notamment ), archéologique ( des nombreux musées et sites du pays ), la contrefaçon, sous toutes ses formes et la dramatique question de l’émigration clandestine de nos jeunes harragas vers l’Europe.
C’est dire que les défis qui attendent gouvernement et société civile sont nombreux et variés.
Ahmed Amine
Lettre à mon jeune frère « harrague » ( Emigré clandestin )
Cher frère Rafik,
Après avoir réussi à survivre à l’enfer de la décennie rouge ( 1990-2000 ) qui, à cause d’une lutte pour le pouvoir, acharnée et sanglante, a vu le pays se vider de ses forces vives et perdre une grande partie de ses cadres compétents, assassinés ou exilés et de ses infrastructures économiques, industrielles, administratives, éducatives, sociales et médicales, tu es parti, un jour d’été de l’an 2000, avec pour seuls bagages le costume neuf et les 500 000 dinars, laborieusement épargnés durant plus de dix années d’emplois, les uns plus précaires que les autres et qui devaient servir à ton mariage avec ta cousine Ratiba, qui a rejoint le lot des centaines de milliers de jeunes filles algériennes restées célibataires malgré elles.
L’exil ou le chômage
Pour entamer une nouvelle page dans le cahier de ta vie, à l’aube d’un siècle et d’un millénaire nouveaux, tu as opté pour l’exil et ses mirages.
C’est ton choix. Nous le respectons même si nous ne l’approuvons pas.
Tu as toutefois la bénédiction de notre mère et si notre père était encore de ce monde, il t’aurait certainement accordé la sienne, bien sûr après quelques récriminations judicieuses, dont lui seul a le secret.
A chaque fois que je relis la lettre dans laquelle tu nous as décrit, de manière détaillée, ta périlleuse traversée de la Méditerranée, dans les cales du Tarek Ibn Ziad, à destination d’Alicante ( Espagne ), j’ai la chair de poule et les larmes aux yeux.
Nous ne cessons de remercier Dieu de t’avoir épargné le sort malheureux que des centaines de nos jeunes ont, hélas, connu sur ces « itinéraires de la mort » exploités par des trafiquants sans foi ni loi.
Ironie du sort, comme tu le sais bien, c’est Tarek Ibn Ziad, un enfant du pays, qui a, il y a plus de treize siècles, conduit la flotte qui a conquis l’Andalousie voisine, qui abrite des fleurons de la civilisation arabo-musulmane et qui a vu naître quelques uns de ses représentants les plus illustres.
Pour l’instant, à presque quarante ans, tu continues à vivre de petits boulots et tu comptes régulariser ta situation administrative dans quelques mois ou quelques années pour pouvoir aspirer à un emploi décent, digne de ton diplôme d’ingénieur électronicien.
Tu commences déjà à te plaindre de la cherté et de la dureté de la vie à Madrid et de la froideur de la société espagnole. Tu n’es pas le seul à le faire.
Les Espagnols, eux-mêmes, ne reconnaissent plus leur bonne vieille société, qui aurait beaucoup perdu de sa générosité et de sa convivialité légendaires.
L’individualisme et l’égoïsme seraient les revers de la médaille du développement économique et industriel que ce pays, dont le niveau de développement n’était pas loin de celui du nôtre, dans les années 1970, a connu depuis sa pleine intégration à la Communauté européenne, au début des années 1980.
Il est vrai que le progrès est un monstre froid, qui avance indifférent aux souffrances des uns et des autres, dont il broie indistinctement les destins.
Comme après les deux Guerres Mondiales, les jeunes travailleurs immigrés constituent toujours la chair et le sang du développement des pays occidentaux.
Ils ne doivent pas perdre de vue la règle suivante : tant que les économies, qui utilisent leurs bras et leurs cerveaux, ont besoin de leur force de travail et de leurs compétences, elles feront recours à eux et fermeront les yeux sur « l’irrégularité » de leur situation administrative.
A qualifications égales, leurs salaires et leurs droits sont cependant inférieurs à ceux des nationaux de ces pays et ils ne pourront rien faire contre cette discrimination économique et sociale. S’ils osent protester ou revendiquer leurs droits ils sont souvent déclarés « persona non grata » et expulsés manu militari vers leurs pays d’origine.
Nos ambassades et nos consulats doivent exercer pleinement leurs prérogatives diplomatiques et consulaires de représentation et de protection pour défendre les intérêts de nos ressortissants régulièrement ou irrégulièrement installés dans les pays d’accueil contre ce genre d’abus inadmissibles.
Sachant donc que ton séjour dans ces pays est limité dans le temps car, quel que soit ta bonne volonté et le poste que tu occuperas, vers la cinquantaine, au plus tard, ton employeur, sous un prétexte ou un autre, te révoquera pour embaucher un autre immigré, flambant neuf, généralement en situation irrégulière et plus jeune que toi, tu devras donc mettre à profit ta présence dans ce pays pour bien te former professionnellement et épargner le maximum d’argent pour t’assurer une retraite décente lorsque tu retourneras en Algérie.
Comme tu le sais, après avoir retrouvé progressivement la paix et la sécurité, notre pays commence à se redresser politiquement, économiquement et socialement.
En effet, il a enregistré, ces dernières années des résultats macro-économiques que beaucoup de pays en développement nous envient, même si la société algérienne continue à souffrir encore de nombreux maux et fléaux sociaux comme le chômage endémique, la bureaucratie et son corollaire la corruption, le trafic de drogue et le phénomène des harragas ( émigrés clandestins) notamment, qui enregistrent, ces dernières années, une expansion dangereuse pour la cohésion sociale, malmenée par plus d’une décennie de terrorisme barbare.
Pourtant, au summum de la crise et alors que nos voisins du Nord de la Méditerranée notamment se préparaient, avec l’aide de l’OTAN, à accueillir des « boats people » en provenance de notre pays, annoncés par des médias et des ONG malveillants, le peuple algérien était resté digne et avait préféré faire face vaillamment au terrorisme islamiste que de fuir massivement le pays comme l’ont fait d’autres peuples, ailleurs.
Sa longue et riche Histoire lui a souvent permis d’amortir les chocs qu’il a subis au fil des siècles et, qui ont profondément façonné la nation algérienne plurimillénaire.
Des origines lointaines
En effet, quels que soient les problèmes auxquels notre pays fait face, nous ne devons pas perdre de vue que nous sommes les descendants, les héritiers les dépositaires d’une histoire fabuleuse que nous devons, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, protéger contre la perversion, l’oubli, l’ignorance, la manipulation et la dilapidation.
Toi, qui es féru d’Histoire et de Géographie, tu sais que les paléontologues considèrent notre pays comme un des berceaux de l’humanité. Selon un document de la bibliothèque du Congrès américain, les restes d’hominidés trouvés à Aïn El Hnach, Wilaya de Saïda, remontent à plus de deux cent mille ans. L’une des plus anciennes présences humaines sur la planète Terre, prouvées à ce jour.
Les ossements et les différents vestiges, qui gisent aux quatre coins de notre pays, ainsi que les outils, armes et gravures rupestres découverts ici et là confortent cette thèse.
Les habitants originels de la partie centrale de l’Afrique du Nord, les Berbères, ont subi depuis la nuit des temps des invasions de forces étrangères attirées par la richesse et la beauté légendaire du pays.
Sans aucun doute, l’invasion française, présentée comme ayant une « mission civilisatrice », alors qu’elle ne constituait qu’un « hold up » sur les richesses de la Régence d’Alger ( voir le livre de Pierre Péan, à ce sujet ), qui était autant, sinon mieux évoluée, sur les plans agricole, économique, social et urbanistique que la France de l’époque, minée par les différentes crises qu’elle a connues, à la fin du XVIIIième et au début du XIXième siècle, était de loin la plus sanglante, avec les nombreux massacres, pillages, enfumades, tentatives d’extermination et de déracinement des populations locales et leur bétail et l’accaparement par les colons de leurs riches prairies, vergers et champs de blé, qui avaient permis à la France féodale de faire face à des famines cycliques, qui avaient décimé des villages entiers.
Le rayonnement des différentes dynasties constituées par nos ancêtres a, à leur apogée, dépassé leurs frontières pour s’étendre aux voisins de l’Est et de l’Ouest ainsi qu’au Nord et au Sud de la Méditerranée.
Des villes côtières de pays du Nord de l’Europe, le Sud de l’Espagne, le Sud du Portugal, le Pays Basque espagnol, Malte, la Sicile et la Sardaigne, entre autres, ont été à un moment donné de leur histoire occupés partiellement ou entièrement, par des troupes venues à bord de vaisseaux, qui avaient appareillé de nos différents ports. Ces vaisseaux n’avaient rien à voir avec les embarcations de fortune utilisés aujourd’hui par nos harragas pour se lancer, à leur tour, à la « conquête » des côtes ibériques ou italiennes.
Pour oublier de temps en temps ta ghorba ( solitude de l’immigré ), tu dois te rappeler que cette terre, dont tu portes l’humus et dont les côtes, les plaines, les vallées, les oueds, les lacs, les collines et les montagnes verdoyantes, les hauts plateaux austères, le Sahara, ses oasis et ses ksours, les cavernes et le sous-sol regorgent non seulement de ressources naturelles précieuses mais aussi d’Histoire, a vu naître et disparaître des hommes et des dynasties qui, ont donné, entre autres, à l’Egypte des pharaons et sa capitale Le Caire, à la Numidie Massinissa, à Rome un Empereur, à l’Islam Tarik Ibn Ziad et les autres chevaliers de la foi et inspiré à Saint Augustin, Appulée de Madaure, Ibn Khaldoun, Cervantès, Hamdan Khodja, Moufdhi Zakaria, Bennabi, Camus, Assia Djebbar et les autres, leurs meilleures œuvres.
Comme tu le sais peu de pays peuvent se targuer de renfermer à la fois les gravures rupestres du Tassili, les ruines romaines de Tipasa, Timgad, Djemila, Tebessa, Lambèse, entre autres ( plus de 500 sites de ce genre ont été inventoriés par l’Unesco, à travers tout le territoire national ), les balcons du Rouffi, les ponts suspendus de l’Antique Cirta, les dolmens de Frenda, la Kalaa ( Fort ) de Beni Salama où Aderrahman Ibn Khaldoun a écrit la Muqqadima ( les Prolégomènes ) de son « Histoire Universelle », entre 1374 et 1379, le Fort de Cervantès, à Alger, où le génial soldat-écrivain espagnol Miguel de Cervantès Saavedra avait imaginé la trame de son roman-culte « Don Quichote », lors de sa captivité dans ce fort, de 1575 à 1580, le Tombeau d’ Imadghacen et celui de la Chrétienne, les gorges d’El Kantara, du Rhummel et de Kharrata ainsi que tous les trésors connus ou qui restent à découvrir et la diversité biologique, géographique, géologique, la faune et la flore de notre immense pays.
Il est important de connaître et de bien assimiler ces éléments constitutifs de notre personnalité nationale, à un moment où certains n’hésitent pas à semer le doute sur notre passé prestigieux et sur l’apport de nos ancêtres à la civilisation universelle, pour mieux déraciner nos jeunes et compromettre leur avenir et celui du pays, qui sort de la zone de turbulences où il a été plongé.
Présent et Avenir : une meilleure visibilité
Une nation, qui repose sur un patrimoine historique et culturel aussi riche, varié et profond que le nôtre ne devrait pas nourrir de craintes excessives pour son présent ni pour son avenir. En restant unie et solidaire, elle parviendrait toujours à transcender les épreuves, qui lui seraient imposées par ses propres enfants ou par des forces étrangères et pourrait envisager sereinement de rassembler ses enfants disséminés à travers le monde.
Grâce à Dieu, la nation algérienne post-indépendance est sortie renforcée de toutes les crises qu’elle a connues depuis 1962 et qui étaient souvent générées par des luttes intestines pour le pouvoir. Les périodes de stabilité et de crise se sont alternées.
Selon des observateurs crédibles de la vie politique, économique et sociale algérienne ; grâce notamment à une conjonction de facteurs endogènes et exogènes positifs, comme le renchérissement exceptionnel des prix des hydrocarbures, une exploitation intensive des ressources naturelles du pays, une meilleure gestion des recettes importantes qu’elles rapportent ainsi que de la dette extérieure du pays considérablement réduite aujourd’hui et une bonne pluviométrie , la croissance économique et financière va durablement s’installer dans notre pays, qui retrouve progressivement ses marques et reprend confiance en lui même.
Ce climat d’optimisme devrait cependant être renforcé par des mesures sociales fermes et accompagné d’initiatives plus audacieuses sur les plans politique, médiatique, économique, industriel, agricole, culturel et éducatif.
Le Gouvernement algérien devrait aussi mettre à profit cette situation favorable pour encourager nos jeunes, étudiants, diplômés et travailleurs manuels, dont la majorité continue à souffrir encore d’un chômage chronique ainsi que notre diaspora à l’étranger, qui s’élève aujourd’hui à des millions de personnes, à tourner résolument leur regard vers les perspectives d’avenir prometteuses que l’économie algérienne offre, à court et à moyen termes. De leur implication effective dépendra certainement la réussite de nos différents plans de développement car un développement qui exclurait les compétences nationales ne profiterait qu’à nos partenaires étrangers, à leur main d’œuvre et à leurs compagnies.
Dans la même logique, la gestion des différentes infrastructures économiques, industrielles et sociales qui seront réalisées, sur fonds publics, sera inévitablement confiée à des compagnies étrangères, qui en maîtrisent la technologie.
L’exemple des usines livrées clés en main devrait être médité.
En quelques décennies, des pays comme l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce, Malte, l’Irlande ou la Corée du Sud, qui étaient de grands pourvoyeurs de main d’œuvre à d’autres pays d’Europe et aux Etats-Unis d’Amérique et des récipiendaires importants de l’aide au développement, sont devenus des pays qui reçoivent des immigrants venus de tous les continents et qui fournissent une assistance appréciable à des pays en développement d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine.
Je sais que la hogra ( l’injustice ) et l’impunité dont jouissent encore certains « intouchables » ont été parmi les raisons qui ont motivé ton départ du pays. « J’en ai marre » me répétais-tu, en déplorant l’impuissance de notre société face à ces abus de toutes sortes que seules l’édification d’un Etat de Droit et une bonne gouvernance effective pourraient faire cesser.
Je suis entièrement d’accord avec toi lorsque, sûrement inspiré par l’exemple du pays où tu vis, tu dis que pour être bien gouverné politiquement, économiquement et administrativement, un pays aussi grand que le nôtre doit décupler le nombre de ses communes, quadrupler celui des daïras, doubler celui des wilayas et créer des régions homogènes essentiellement fondées sur les vocation et complémentarité économique, industrielle, agricole ou touristique des wilayas qui les constitueraient.
L’Administration sera ainsi rapprochée du citoyen et retrouvera sa dimension humaine.
Effectivement, une bonne gestion de nos villes impose également d’accélérer la restauration de nos vieilles bâtisses, surtout celles qui font partie de notre patrimoine historique, de démolir celles qui sont irrécupérables, finir les centaines de milliers d’habitations individuelles ou collectives inachevées qui défigurent nos villes et nos campagnes envahies par le béton, bien entretenir les rues de nos quartiers, qui perdent de plus en plus leur âme, les aérer en y créant des lieux de rencontre où nos enfants et personnes âgées peuvent circuler sans risquer d’être écrasés par des chauffards ou agressés par des jeunes que l’oisiveté, mère de tous les vices, pousse à la délinquance, sous toutes ses formes ou à la fuite du pays dans des conditions souvent dramatiques.
Education, formation, emploi et justice doivent constituer les quatre piliers porteurs de notre maison commune, dont les affaires doivent être gérées, à l’instar d’autres pays, dans la transparence et avec la compétence requises, par ses meilleurs enfants, hommes et femmes, et non pas confiées à des médiocres et incompétents, favorisés par le népotisme et le régionalisme qui , comme les mariages consanguins, altèrent les sociétés humaines et représentent une menace sérieuse pour la cohésion, la stabilité et l’unité nationales.
Comme tu l’as judicieusement relevé dans ton dernier email, cette embellie économique durable est accompagnée, sur le plan diplomatique, par un retour en force de notre pays sur les scènes régionale et internationale, qui semble déranger certains pays, qui se sont accommodés de l’instabilité qui l’a caractérisé dans les années 1990 et alimentent ouvertement la tension au Maghreb, au sujet du problème du Sahara Occidental, en encourageant notamment le Maroc, miné par ses contradictions internes et la drogue, à persévérer dans sa fuite en avant.
Une reprise des hostilités ente le Front Polisario et le Maroc ou un conflit entre ce dernier et l’Algérie ne profiteront qu’à ces pays.
Terre d’asile traditionnelle, l’Algérie a, conformément à la résolution 1514 de l’ONU, soutenu le droit des peuples colonisés à l’autodétermination et à l’indépendance et a , de tous temps, accueilli généreusement les persécutés et réfugiés venus du monde entier, qui y ont trouvé paix, sécurité et réconfort pour eux et leurs enfants.
C’était notamment, le cas des Juifs, qui s’étaient réfugiés dans la région du Touat, Adrar, Sud-Ouest algérien, après avoir fui la répression de l’Empereur romain Titus en Palestine, à la suite de la destruction du Temple en 70 après J.C. et de ceux qui ont été déportés par l’Empereur romain Trajan, dans la région de Constantine, après leur insurrection,dans les années 100 après J.C. ( Les juifs étaient bien intégrés et leurs religion et droits respectés par la majorité mais, après l’occupation de la Régence d’Alger par la France, en 1830, la très grande majorité d’entre eux avait préféré soutenir l’occupant français et le suivre, à l’indépendance de l’Algérie, en 1962).
C’était les cas également des Morisques qui fuyaient l’Inquisition, après la chute du royaume de Grenade et des Sahraouis, qui ont fui l’occupation et la répression marocaines, en 1975.
Le Droit humanitaire, aujourd’hui à la mode, a été donc depuis longtemps mis en œuvre par notre pays, sans aucun tapage médiatique.
En tout état de cause, le destin d’une nation repose avant tout sur les épaules de tous ses enfants, quelles que soient leurs convictions politiques.
Si la majorité des forces vives des cette nation a perdu le sens du ridicule, est imbue de la culture de la prédation, sous toutes ses formes et n’est pas consciente de ses devoirs et responsabilités, le destin de ce pays ne pourrait que leur échapper. Il sera déterminé par ceux qui n’hésitent pas à s’ingérer dans les affaires intérieures des autres nations et pillent leurs richesses, avec la complicité d’enfants, de ces pays mêmes.
De nombreux « partenaires », attirés par nos ressources humaines, naturelles et financières nous proposent aujourd’hui de nous « aider », dans tous les domaines, alors qu’hier encore ils vendaient aux terroristes dont les commanditaires résidaient souvent chez eux, les armes et les explosifs qui tuaient les algériens et détruisaient les infrastructures économiques, industrielles, sociales, éducatives et culturelles du pays, mis de facto sous embargo.
« Les Etats n’ont pas de sentiments mais des intérêts » disait Winston Churchill.
Vigoureusement dénoncé par les pays du Tiers Monde, plus actifs et solidaires dans les années 1960 à 1980, le néo-impérialisme se redéploie à la faveur de la mondialisation, qui constitue son « Cheval de Troie » depuis l’effondrement du bloc communiste, au début des années 1990 et vise de nouveau à dominer le monde, à travers notamment le contrôle de l’espace, des mers, des océans et des sources de matières premières stratégiques afin de confiner, ceux qui n’adhèrent pas à sa vision des relations internationales ou qu’il considère, pour une raison ou une autre, comme ses ennemis , dans une situation de dépendance et de vulnérabilité multiforme.
Nous devons donc être vigilants si nous ne voulons pas connaître le même sort que le pauvre Boabdil, le dernier Roi de Grenade, qui, le 2 janvier 1492, sur le chemin de l’exil, après sa défaite face aux Rois Catholiques, se retourna pour jeter un dernier regard sur le Royaume perdu et se mit à pleurer.
Sa mère lui dit alors cette phrase historique « Ne pleure pas comme une femme ce que tu n’as pas su défendre comme un homme ».
Je m’excuse pour cette longue digression historique et politique. Je te promets que la prochaine fois, je ne parlerai que de Sport et de Musique.
Nous t’embrassons tous et te demandons de faire bien attention à ta santé physique et morale, qui est l’essentiel.
Le reste, comme disait feu notre père, s’il ne vient pas aujourd’hui ; il viendra demain.
Ta famille.
Ahmed Amine
Le temps des femmes
« La Femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » Article 1er de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791.
Elles s’appèlent Nefertiti, Cléopâtre, Meriem, Khadija, Fatima, Tin Hinan, Kahina, Elisabeth, Victoria, N’Soumer, Marie Curie, Indira Gandhi, Bandaranaike, Benazir Bhutto, Corazon Aquino, Angela Merkel, Hillary Clinton, Royal, Louisa Hanoune ou tout simplement Ratiba ou Souad.
Elles ont dirigé, dirigent ou vont diriger leurs pays respectifs ou rêvent de devenir ministres, ambassadeurs, juges, pilotes, professeurs ou championnes du monde, à l’instar de Hassiba Boulmerka et tant d’autres femmes, qui ont influé positivement sur le destin de leurs pays respectifs.
« Eduquez bien vos filles et laissez les faire » dit un vieil adage de chez nous car aucune laisse, aucune ceinture de chasteté et aucun corset ne peuvent empêcher une femme de faire ce qu’elle a envie de faire, quand le Diable habite son esprit ou son corps.
Ce sont souvent les éducations rigoureuses, humainement insupportables, qui ont été à l’origine des scandales qui ont défrayé les chroniques sociales et donné lieu aux monstruosités les plus incroyables.
Des textes comme notre statut de la famille, malgré le léger toilettage qu’il a récemment subi, inhibent considérablement nos filles et nos femmes et privent le pays d’un potentiel formidable que la réussite incontestable de certaines de nos sœurs ne saurait éclipser.
Jadis, parents pauvres des législations internes, les femmes sont aujourd’hui, au même titre que les enfants d’ailleurs, bien protégées par des conventions internationales qui énumèrent et garantissent leurs droits fondamentaux et les mettent à l’abri de fléaux comme la drogue et la prostitution, qui minent notre société profondément marquée par les méfaits du terrorisme dont elles garde encore les séquelles physiques et psychologiques et de toute exploitation avilissante de leurs corps, qui continuent à être utilisés comme appâts par les agences publicitaires, touristiques et de loisirs.
La « question » de la femme n’est donc pas seulement une affaire de « genre » ou de « discrimination positive » mais une affaire de culture et de développement, dans tous ses aspects.
L’éducation et la justice, sociale et économique, permettent aux pays, qui en ont fait la clé de voûte de leurs institutions et des axes majeurs de leur développement, d’enregistrer des avancées indéniables dans tous les domaines et de bâtir une cohésion sociale et une stabilité politique durables qui réduisent sensiblement leur vulnérabilité face aux aléas de la vie.
Au plus fort de la crise, qui a failli emporter l’Etat algérien, dans les années 1990, ce sont justement ces valeurs ancestrales, bien gardées par nos grands-mères, mères, épouses, sœurs ou filles, qui ont permis à notre société de transcender la tragédie qui a frappé le pays à cause des négligences coupables des uns, qui ont engendré la folie destructrice et nihiliste des autres, qui a considérablement fait reculer le pays dans tous les domaines.
Ce sont, précisément ces « négligences » qui ont permis à Khalifa, un blanc bec trentenaire, de se jouer de toutes les institutions politiques, administratives et financières du pays, en corrompant les uns, en amadouant les autres et en achetant le silence de certains avec, ironie du sort, des sacs à ordures pleins de billets de mille dinars. Quelle dépravation des moeurs politiques et sociales!
Hasard ou nécessité, c’est à une femme, dont les qualités morales et professionnelles font l’unanimité, qu’incombe, aujourd’hui, la lourde tâche de démêler ce méli-mélo indescriptible. Elle se dit résolue d’aller jusqu’au bout en dévoilant le maximum de l’iceberg Khalifa. Y parviendra-t-elle ? Seul l’avenir nous le dira. En tous les cas, en acceptant de juger cette affaire scabreuse, elle mérite, d’ores et déjà toute notre gratitude et notre soutien moral.
Certes, les crises cycliques, les manifestations et émeutes, souvent violentes, qui éclatent, de temps à autre, dans les différentes wilayas du pays et les grèves sectorielles répétées compliquent la tâche à ceux qui oeuvrent à instaurer une visibilité concernant l’évolution politique, économique et sociale de notre pays, à moyen et long terme mais ces phénomènes, somme toute, naturels dans une société en pleine mutation, ne doivent pas nous préoccuper outre mesure.
Ce sont plutôt des scandales comme ceux de Khalifa, BRC, BCIA, BNA etc…qui, comme les affaires du « Don chinois », d’« El paso » et des « 26 milliards », naguère, portent un préjudice considérable à l’image de l’Etat algérien et à sa crédibilité interne et extérieure, notamment vis-à-vis des investisseurs nationaux et étrangers désireux de s’implanter dans un pays qui offre pourtant des opportunités commerciales exceptionnelles.
Un système, qui a commencé son long règne, au lendemain de l’indépendance, par le détournement, en 1962, du « Fonds de Solidarité », constitué des bijoux de nos mères et des maigres économies de nos pères, ne pouvait que terminer par des affaires comme celle de Khalifa, qui constitue une autre main basse organisée sur les dépôts de centaines de milliers de petits épargnants et de dizaines d’organismes publics.
Sans aucun doute, nos partenaires étrangers vont nous juger sur notre manière de « régler » ces affaires.
Par ailleurs, Madame Louisa Hanoune, communément appelée « la Pasionaria algérienne », en raison de son opposition farouche au libéralisme économique et social débridé du Gouvernement et de son fameux « no pasaran » aux réformes de Khellil et de Temmar, fait pratiquement office de Chef du « Gouvernement fantôme », ailleurs constitué par l’opposition officielle et dont notre pays a tant besoin pour briser cet unanimisme de façade qui lui fait beaucoup de mal.
Paradoxalement, la femme algérienne qui a commencé à jouir de ses droits politiques bien avant ses congénères des pays arabes et de certains pays d’Europe, les a vus, à cause d’une conjonction de facteurs sociaux et bureaucratiques négatifs, se rétrécir comme peau de chagrin parce qu’ils n’ont pas été consolidés par d’autres acquis. Qui n’avance pas recule.
S’ils ont permis de « secouer le palmier », les combats solitaires menés par des organisations ou des personnalités nationales pour accroître ces droits n’ont pas encore donné les résultats escomptés.
En tout état de cause, pour pouvoir accompagner efficacement le processus de renaissance du pays, les Organisations Non Gouvernementales, ONG, et médias nationaux doivent être encouragés et renforcés et non pas entravés et divisés.
Les champs politique et médiatique doivent leur être ouverts et accessibles.
Sinon, ce sont leurs consoeurs et confrères étrangers, d’obédience diverse, qui ne cachent pas leur hostilité à notre pays et qui se nourrissent de nos contradictions internes et de nos faux problèmes, qui exploiteront ces défaillances pour exercer sur nous toutes sortes de pressions et nous obliger à accorder des concessions importantes de notre souveraineté et de nos ressources naturelles non renouvelables aux organisations internationales et aux multinationales majoritairement contrôlées par les pays occidentaux, qui financent également la plupart des ONG internationales.
A l’heure de la mondialisation, ce que les ONG et médias nationaux ne pourront pas dire ou faire, sera dit et fait, de manière amplifiée et avec tous les risques de manipulation possibles, par les ONG et médias internationaux, qui terrorisent les gouvernements qui ont « de la paille dans leur ventre ».
En effet, la ruse, la malice et les fourberies utilisées pour tromper et priver leurs propres peuples des libertés fondamentales prévues par la Déclaration Universelles des droits de l’homme frisent parfois le ridicule et prouvent que ces dirigeants se trompent dramatiquement d’ennemi.
L’Etat a la responsabilité et le devoir de créer l’environnement juridique, économique et social le mieux à même de favoriser l’émergence d’une société civile saine qui assumera les charges dont il s’encombre inutilement.
En jouant pleinement son rôle de contre-pouvoir crédible, la société civile ne pourra que susciter l’intérêt et l’adhésion des citoyens déçus par les partis politiques, qui se sont avérés n’être, à une ou deux exceptions près, en fait, que des clans organisés autour de leurs indétrônables « zouama ».
Un Etat fort, qui assure la sécurité des personnes et de leurs biens, l’éducation et la justice sociale à ses citoyens et respecte les principes de base de la démocratie, c'est-à-dire l’alternance au pouvoir, a besoin d’une société civile forte qui assume sa part de bonne gouvernance politique, économique et sociale du pays.
Si nous ne mettons pas de l’ordre dans notre maison commune, d’autres, qui convoitent nos territoires et les formidables ressources naturelles qu’ils renferment, se chargeront, sous un prétexte ou un autre, de le faire à notre place et nous imposeront leur ordre cruel, comme ils l’ont fait en Irak, ruiné par l’esprit tribaliste de ses dirigeants successifs et le feront encore ailleurs, notamment dans les pays arabes et musulmans du Maghreb, du Moyen et de l’Extrême Orient pour empêcher l’Islam que l’Occident judéo-chrétien a érigé en « ennemi public n° 1 » de continuer son expansion naturelle, à travers le monde et s’accaparer de leurs richesses naturelles, notamment ces produits stratégiques que sont le pétrole et le gaz.
Notre pays est immense et a besoin pour sa défense et sa bonne gouvernance durable d’hommes et de femmes aux qualités morales, physiques et intellectuelles élevées.
Ce sont les défis majeurs auxquels il fait face qui l’exigent.
A cause du terrorisme, de la pauvreté et de préjugés sociaux absurdes beaucoup de nos filles en âge d’être scolarisées ou de travailler, ne vont pas à l’école et trouvent d’énormes difficultés à se procurer un emploi conforme à leur profil alors que la Constitution leur reconnaît le droit d’étudier et de travailler pour vivre décemment.
Tant qu’il aura des femmes de la trempe de celles qui ont été citées précédemment, notre pays réussira toujours à sortir des abysses dans lesquelles la mentalité cupide et obstinée de ses hommes politiques l’a plongé, à maintes reprises.
Dignes héritières des héroïnes légendaires qui ont marqué d’une manière indélébile l’histoire contemporaine et ancienne de notre pays, nos femmes continueront à illuminer le ciel de l’Algérie et à constituer le socle de sa pérennité.
Décidemment, on ne leur rendra jamais assez hommage.
Pour honorer leur mémoire, le gouvernement algérien, qui représente, quelle que soit sa couleur politique, en ces temps de multipartisme édulcoré, un pays, dont la noble Révolution du 1er Novembre 1954, l’une des plus importantes révolutions que le monde aie jamais connu, a permis a de nombreux pays d’Afrique et d’Asie d’acquérir leur indépendance et a soutenu diplomatiquement, financièrement et militairement toutes les causes justes, à travers le monde, doit aider les associations et organisations non gouvernementales nationales crédibles dans leur combat pour une véritable émancipation de la femme algérienne. C’est le moins qu’il puisse faire pour celles dont les énormes sacrifices ont souvent été injustement ignorés ou niés.
L’avènement d’une nouvelle République, débarrassée des tares et des pesanteurs de celle qui l’a précédée, où le facteur féminin jouera un rôle déterminant dans tous les secteurs d’activité et à tous les niveaux de responsabilité devient impératif.
Ce saut qualitatif est nécessaire et vital pour le pays car notre machisme borné a, en quelques décennies, transformé un « Paradis » possible en un « Enfer » certain, pour tous.
Ahmed Amine
La Bigamie : la panacée au problème du célibat forcé de nos jeunes filles ?
Cachez moi cette réalité que je ne saurais voir ! Plus hypocrite tu meurs.
Ignorer un problème n’est pas le régler.
En effet, la question du célibat forcé dont souffrent considérablement nos jeunes hommes et jeunes filles devient alarmante, voire même dramatique car plus de quatre millions de jeunes algériennes et algériens âgés entre 20 et 35 ans ne sont pas encore mariés, non pas parce qu’ils ont choisi cette situation mais parce qu’elle leur est imposée par des contraintes économiques ou sociales.
En l’espace d’un siècle, la société algérienne a été quatre fois saignée à blanc dans ses forces vives mâles ; durant les Première et Deuxième Guerres Mondiales, durant la Guerre de libération nationale ( 1954-1962 ) et pendant la tragédie nationale ( 199O-2000) . Des centaines de milliers de jeunes hommes ont péri, réduisant d’autant les chances de nos jeunes filles de trouver maris.
Jusqu’à récemment encore notre Code de la Nationalité, essentiellement fondé sur le « jus sanguinis », n’encourageait pas les étrangers à venir s’installer chez nous et à augmenter ainsi les possibilités de nos jeunes filles de faire des rencontres heureuses.
Le chômage et la crise de logement ont, par ailleurs rendu ces chances infimes.
Résultat, aujourd’hui, selon les études les plus optimistes, environ deux millions de jeunes filles, en âge de mariage, sont célibataires malgré elles.
Un faible pourcentage parmi elles a un emploi, les autres survivent comme elles peuvent au sein de leurs familles ou seules, dans une société de moins en moins compréhensive et sont menacées par des fléaux majeurs comme la prostitution ou la drogue et leurs conséquences désastreuses sur la santé physique et morale de notre société fragilisée par une décennie de terrorisme barbare et plusieurs décennies de bureaucratie stérilisante.
Les amendements apportés récemment au Code de la Nationalité constituent incontestablement des avancées considérables car ils permettent aujourd’hui à la femme algérienne mariée ou célibataire de donner sa nationalité à ses enfants.
Grâce à Dieu et à la bénédiction de nos ancêtres l’Algérie n’est pas le Liechtenstein, Andorre ou Singapour. Elle est, par exemple, plus de 38OO fois plus grande que ce dernier pays, mais à peine 8 fois plus peuplée que lui. Notre pays est un sous-continent qu’une politique de limitations des naissances absurde pénalise et handicape lourdement.
C’est au contraire d’une politique de pleine démographie dont l’Algérie a, aujourd’hui plus que jamais, besoin d’urgence afin de peupler de manière équilibrée notre vaste territoire, d’exploiter rationnellement ses nombreuses richesses et de disposer du potentiel humain nécessaire à sa bonne gouvernance et à sa défense.
L’ouverture économique et sociale induite par la mondialisation, dont notre pays est partie prenante, à travers son association à l’Union Européenne, sa prochaine adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce et l’extraversion de notre commerce extérieur, pays quasi mono-exportateur, l’expose à accueillir, à moyen terme, des milliers, voire des centaines de milliers d’étrangers, toutes nationalités et catégories professionnelles confondues.
Notre cohésion sociale sérieusement ébranlée ces dernières années, les dérives bureaucratiques et leur corollaire naturel la corruption ne lui permettront pas de faire face à ce flux massif inévitable dans les meilleures conditions possibles et d’être à l’abri de leurs effets pervers, dont plusieurs pays en développement ont cruellement pâti.
Maintenant que la paix, la sécurité et la stabilité sont revenues à notre pays et que le processus de réconciliation nationale majoritairement désirée par le peuple algérien est en place, la priorité devrait être accordée à la consolidation de la cohésion sociale pour être au rendez-vous de la mondialisation et ses contraintes.
En tout état de cause, notre pays a les moyens pour inciter matériellement nos jeunes filles et jeunes hommes à se marier à un âge raisonnable et procréer librement.
Pour ce faire, il doit d’abord leur offrir du travail et élever considérablement les allocations familiales qui ont actuellement un effet dissuasif sur les naissances tant elles sont insignifiantes et ne suffisent même pas à couvrir les frais de lait de nos nourrissons, ensuite leur accorder des facilités pour la location ou l’acquisition de logements sociaux et enfin, pour résorber le surplus de jeunes filles célibataires, encourager ceux qui le désirent et en ont les moyens à prendre une deuxième épouse, dans le respect des règles édictées en la matière par la Charia, qui est la première source du Droit privé algérien.
Ce qui permettra à notre société musulmane d’atténuer considérablement des fléaux sociaux tels que l’infidélité, le concubinage ou les mariages de complaisance et même les unions contre-nature qui minent profondément de nombreuses sociétés développées ou en développement.
Il ne faut pas suivre aveuglement les recommandations du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale, qui nous « conseillent » de ne plus créer d’emplois nouveaux et d’attendre le départ à la retraite de nos vénérables aînés pour les faire remplacer par des jeunes.
En effet, les conséquences dramatiques de certaines « recettes » de ces deux institutions internationales ( les fameux Plans d’Ajustement Structurel ) sur plusieurs pays en développement ne doivent pas être oubliées.
Ainsi, pour pallier la fuite des cerveaux, dont notre pays souffre considérablement (plus de 200 000 cadres supérieurs et moyens très compétents ont quitté le pays entre 1990 et 2000 ), le Gouvernement algérien doit élever l’âge de départ à la retraite de 60 ans actuellement à 65 ou 70 ans pour ceux qui le désirent et ce, afin que la transition entre les cadres expérimentés, peu nombreux, qui ont choisi de rester dans le pays durant les années de braise et les jeunes nouveaux cadres s’opère de la manière la plus efficace possible et pour ne pas avoir à recourir à la coopération technique onéreuse et qui ne constitue pas toujours la meilleure panacée.
Le terrorisme est né lorsque la jeunesse algérienne, qui constitue l’écrasante majorité de notre population a cessé d’espérer et de croire en l’avenir du pays, compromis par l’imprévoyance et l’avidité des uns et des autres.
En ces temps de réconciliation nationale et à la veille de la demi journée que notre pays consacre annuellement à la femme, le 8 Mars, nos jeunes fleurs doivent conserver leur sourire radieux, qui a permis au pays de surmonter toutes les calamités qu’il a eu à subir du fait de la nature et de l’homme. Bonne fête grand-mères, mères, sœurs et filles.
Le débat est ouvert.
Ahmed Amine
Ce sont les peuples qui subissent souvent les conséquences dramatiques de la mauvaise gouvernance et de l'incompétence de leurs gouvernements.Vraiment émouvante, la lettre à votre frère Rafik, Allah Yarahmou.
Mon blog
bonjourj'ai lu quelques articles.. je voudrai vous dire qu'il faud bien dire ce qu'il faud dire mais parler comme ça son preuves son rien ou retapé les aidées des journaux sa va rien donné..
dire que la femme algérienne qu'elle mal traitée, personnelement je commence a avoir marre de ce discours!!! moi je travail dans l'admistration, et je peux vous confirmer que la femme est loins d'etre une victime!!! moi en tant que cadre et homme je me sens mal traité et moins cinsédéré que mes collègues femmes!!! malgré que j'ai le meme intitulé et le meme échel.
donc arreter de nous bassiner avec ce discours!!!!!!!!!!!!!!!
JE VOUS INVITE DE VISITER MON BLOG/ CHABABELMILIADIANNA.CENTERBLOG.NETMon blog